La Commissaire européenne à la concurrence vient d’infliger au groupe américain une amende record de 2,42 milliards d’euros

Google a abusé de sa position dominante sur le marché des moteurs de recherche en favorisant son propre service de comparaison de prix, Google Shopping. Un combat qui l’oppose à Bruxelles depuis plus de sept ans.

L’exécutif européen donne 90 jours à la maison mère, Alphabet, pour corriger le tir. A défaut, le groupe s’exposerait à une astreinte quotidienne pouvant atteindre 5% du chiffre d’affaires quotidien moyen (246 millions de dollars).

L’énergique danoise avait adressé un acte formel d’accusation à l’encontre du géant californien le 15 avril 2015, quelques mois seulement après son entrée en fonctions, en novembre 2014.

« Google a lancé des produits qui ont réellement modifié nos vies, pour autant, sa stratégie ne s’est pas juste au bénéfice des consommateurs. Google a abusé de sa position dominante en promouvant son propre service de comparateurs de prix, c’est illégal au regard des règles européenne anti trust » a estimé Margrethe Vestager, mardi.

Dans son communiqué de presse, la commission précise que Google a introduit cette pratique dans les 13 pays de l’Espace économique européen, « en commençant par l’Allemagne et le Royaume-Uni en janvier 2008. Elle a ensuite étendu cette pratique à la France en octobre 2010, à l’Italie, aux Pays-Bas et à l’Espagne en mai 2011, à la République tchèque en février 2013 et à l’Autriche, à la Belgique, au Danemark, à la Norvège, à la Pologne et à la Suède en novembre 2013. »

Dans Google Shopping, les annonceurs paient pour faire remonter leurs produits, qui ne s’affichent que lorsque ils correspondent aux requêtes des internautes. L’espace n’est pas fermé aux comparateurs classiques de prix, qui peuvent comme les marchands apparaître dans Google Shopping en mettant en avant des produits. Mais ils se sont plaints d’être moins bien traités que les marchands dans les résultats de recherche, de apparaître qu’à partir de la troisième ou quatrième page de recherches.

Mardi, Google a officiellement réagi : « nous sommes en désaccord, nous allons examiner la décision de la commission dans le détail et étudier l’éventualité d’un appel en justice ». Google s’est toujours défendu de léser la concurrence, arguant qu’il subit celle, très intense, des marchands en ligne, notamment celle d’Amazon.

Le groupe est visé par deux autres actes d’accusation de la Commission, l’un concernant AdSense, les offres de publicité contextualisées (en rapport avec le contenu du site Web) que le groupe américain propose à des sites tiers utilisant son moteur de recherche. L’autre, jugé encore plus sérieux, vise Android, le système d’exploitation pour smartphones.

 

Publié dans Le Point Sécurité

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